07/04/2014

Guerre et paix, le paradoxe suisse

Comment peut-on avoir créé la Croix-Rouge, en être devenu le siège mondial, accueillir sur son territoire d’innombrables organisations officielles de paix et organisations non gouvernementales et acheter des avions de guerre? Henri Dunant doit se retourner dans sa tombe. Pays neutre et de paix,  la Suisse, en étant conséquente avec elle-même, ne devrait même pas avoir d’armée.

Riche état où les pauvres sont toujours plus nombreux, voilà-t-y pas que le Conseil fédéral demande au peuple d’engloutir des milliards pour acheter des avions qui ne serviront absolument à rien. Si ce n’est à enrichir des marchands d’armes et faire plaisir à des militaires qui vivent encore au XXe siècle. On croit rêver.

La chose apparait d’autant plus choquante lorsque l’on sait que les caisses de l’AVS ou de l’AI se vident à vitesse grand V. Il apparait ainsi que les priorités de nos élus – mais il est vrai qu’ils ne sont pas à plaindre – sont assez curieuses. Comment, en effet, peut-on investir tant d’argent dans des joujoux inutiles alors que nombre de nos ainés ou de nos handicapés ont de plus en plus de peine à vivre décemment?

J’ai envie d’être fier de mon pays. Je voterai NON au Gripen.

DTT

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17/03/2014

L’aéroport de Genève cartonne, les employés trinquent

«Le bénéfice net d'exploitation pour 2013 est en hausse à 72,3 millions (hors recettes exceptionnelles) avec un chiffre d'affaires de 376,3 millions de francs, grâce à une croissance du trafic passagers de 3,9%. Les recettes proviennent pour 51,7% du segment aéronautique (redevances passagers, taxes d'atterrissage), en hausse de 3,3% par rapport à 2012 et pour 48,3% du secteur non aéronautique (commerces, parkings, loyers), en hausse de 2,5%». Tout baigne? Pas vraiment car les petites mains, celles qui s’occupent des repas dans les avions, de décharger les bagages ou encore celles qui conduisent les taxis, tirent de plus en plus la langue.

Ces fameux employés, ceux qui, justement font vivre l’aéroport genevois, voient leurs conditions de travail se dégrader et leurs revenus, déjà modestes, se réduire encore. Ouf! Pierre Maudet, conseiller d’Etat et président du conseil d’administration, en est conscient. «Les pressions qui poussent les salaires vers le bas nous inquiètent. Je ne minimise pas les difficultés. Mais elles ne devraient pas être réglées par des actions intempestives, a-t-il déclaré. Cela devrait se passer différemment».

Différemment? Ben oui, ces derniers temps, des employés ont osé faire la grève. Mais ces débrayages n’ont sans doute pas été effectués de gaité de cœur. Lorsque des employés font la grève, en règle générale, c’est uniquement parce qu’ils n’ont pas pu dialoguer avec leurs employeurs.

On attend avec impatience les recettes miracles du magistrat PLR. Mais osera-t-il se mettre à dos les patrons qui dénoncent unilatéralement les conventions collectives de travail?

DTT

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11/03/2014

Pierre Maudet et les gardiens de prison

 

Pour certains, Pierre Maudet est un surdoué de la politique, un véritable OVNI. Pour d’autres, il ne s’agit que d’un ambitieux et opportuniste avide de pouvoir. Pour d’autres encore, le trentenaire est surtout le champion du «faire savoir» à défaut du «savoir-faire». Une chose est sûre, l’homme sait communiquer et n’aime pas la critique. Et je suis bien placé pour le savoir lui qui, alors que je travaillais encore au Matin, n’avait cessé de se plaindre auprès de ma rédaction en chef d’articles de ma plume mettant en cause des problèmes dans son département.

Aujourd’hui, alors que le feu brûle à Champ-Dollon, Pierre Maudet se fait relativement discret. Il a beau souligner le travail des gardiens de la prison tout en surveillant les propos du directeur de l’établissement devant les médias, les employés n’ont pas la mémoire courte. En effet, à peine élu au Conseil d’Etat, le jeune PLR avait décidé de modifier le statut particulier des futurs gardiens de prison. Il voulait transformer ces hommes et ces femmes en «simples» fonctionnaires. Un peu comme si ce job n’était pas quand même un peu particulier et, surtout, très dangereux.

La question est donc de savoir si Pierre Maudet maintiendra ou non son souhait de modifier, par le bas, les conditions de travail de ces gardiens qui effectuent une tâche qui mérite surtout notre considération et notre respect. Et, surtout, qu’ils puissent garder leurs avantages.

DTT

 

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