14/12/2014

Les raisons de la colère

Les gendarmes sont tristes. Les gendarmes sont en colère. Dimanche 7 décembre, l’un des leurs s’est suicidé. Le jour de ses 30 ans. Il était sous enquête de justice pour homicide par négligence et abus d’autorité. Pour mémoire, ce jeune gendarme était intervenu à Meyrin avec un collègue, dans la nuit du 10 au 11 octobre 2013, suite à un appel téléphonique. Ce dernier provenait d’une famille qui avait alerté la police car l’un de ses membres, un homme de 37 ans atteint de schizophrénie paranoïde, était en pleine crise.

L’intervention sera musclée. Les deux gendarmes sont obligés de maitriser et de mettre à terre le violent malade pour lui passer des menottes. Au cours de l’opération, un policier est mordu par l’interpellé qui fera ensuite un malaise et décédera. Accident? Bavure? C’est à l’enquête de le déterminer.

Le lundi qui a suivi son suicide, le jeune gendarme était convoqué dans le bureau du Procureur général. Que s’est-il passé pour qu’il en arrive là ? Que risquait-il? On ne le saura sans doute jamais.

La seule chose qui est sûre est que les gendarmes, pour travailler dans de bonnes conditions, doivent être soutenus. Par leur hiérarchie. Mais aussi par la population qu’ils servent. Car ils ne font pas un métier facile, mais ce sont aussi et avant tout des êtres humains.

Ce double drame le rappelle tristement. Surtout que ce n’est pas le premier.

DTT

 

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08/12/2014

Ni gauche, ni gauche

Sur Facebook et sur son blog, le riche député MCG Ronald Zacharias ne cesse de critiquer la gauche et de dénigrer toutes les personnes (ces parias profiteurs) qui ne paient pas d'impôts. Ceux qui, dans le langage courant ou la vraie vie, on appelle des pauvres.

Le député sait-il qu’à Genève vivent plein de gens à tout petit revenu? Une population qui se compose notamment de travailleurs mal payés, de chômeurs, de retraités. Ceux qui ne parviennent pas à boucler les fins de mois. Je suis même certain que nombre d'entre eux paieraient volontiers des impôts s'ils le pouvaient.

Ronald Zacharias, lui, affirme que la gauche «manipule, instrumentalise ou achète par le biais notamment de l'aide sociale (nos impôts) toute personne susceptible de voter pour elle». En clair, que cette gauche encouragerait les gens à profiter du système.

Naïvement, je pense plutôt que plus il y a de chômeurs et plus cela profite au patronat et à la droite. En ayant du choix de main d’œuvre, ces patrons (pas tous heureusement) engageront évidemment des employés moins chers.

Il fut une époque où le MCG se disait ni gauche ni droite, ce qui a d’ailleurs séduit de nombreux Genevois dont un grand nombre de pauvres qui devenus sont membres du MCG. Je serais aujourd’hui curieux d’entendre ces militants modestes lorsqu’ils lisent ou entendent les discours de Ronald Zacharias.

DTT

 

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21/11/2014

La droite déclame son amour pour l'armée

A l’exception notable de mon confrère Pascal Décaillet qui a repris l’info dans le GHI, peu de médias l’ont relevé. Visiblement de la plus haute importance pour les députés de la droite genevoise. Celle-ci concerne un bataillon genevois de l’armée suisse qui pourrait tout bonnement disparaitre des effectifs de la grande muette dans le cadre d’économies programmées. Ainsi, mi-novembre les élus PLR, PDC, UDC et MCG ont voté une résolution invitant le Conseil d’Etat à tout mettre en œuvre auprès des autorités fédérales pour obtenir le maintien du Bataillon de carabiniers 14. Dans la foulée, trois élus genevois de Berne, les UDC Céline Amaudruz et Yves Nydegger ainsi que le MCG Roger Golay ont déposé une motion au Conseil national allant dans le même sens.

Faut-il ici rappeler à ces chers élus que Genève avait voté, en 1989, l’abolition de l’armée et que, globalement, le Canton n’a jamais été spécialement militariste? Et ce qu’il y également de dérangeant dans ces initiatives est que la droite genevoise, par le biais de ses textes, engage toute la population en disant que ce bataillon est très cher aux Genevois. Je cite : « Genève défend notre armée et souhaite le maintien du légendaire Bataillon de Carabiniers 14, dont les origines remontent au général Dufour ».

Et bien pas du tout. On s’en fout! Nous sommes nombreux à se moquer éperdument de ce machin gris-vert au bout du lac.

Allons, Mesdames, Messieurs de la droite genevoise, penchez-vous sur les vrais problèmes. En cherchant un peu, vous verrez qu’il y en a certains d'assez chauds et nettement plus importants.

 DTT

 

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