09/12/2013

Apartheid et business

Lors de l’apartheid, l’Afrique du Sud était sous embargo. Un embargo que des sociétés helvètes ont allègrement contourné pour faire du business. Pas joli joli, chacun en conviendra. Quelles sont ces entreprises? On ne le sait pas exactement car, comme le relevait le journal la Liberté, «Berne refuse toujours de lever le secret d’Etat concernant les relations avec l’Afrique du Sud au temps de la ségrégation. Elle craint les plaintes contre des entreprises suisses». Eveline Widmer-Schlumpf est en charge de cet embarrassant dossier.

Peu après la mort de Nelson Mandela, l’ineffable Blocher a estimé que le leader de la lutte anti-apartheid est loué de manière exagérée. Une réaction peu étonnante lorsque l’on se rappelle que, durant les années 80, le conseiller national soutenait le régime ségrégationniste. A cette époque, l’entrepreneur Blocher avait fondé et présidé le Groupe de travail d'Afrique du Sud (Arbeitsgruppe Südliches Afrika). Cet organe soutenait ouvertement le régime raciste sud-africain pourtant condamné par l'ONU.

C’est le président de la Confédération en exercice, Ueli Maurer, qui va se rendre aux obsèques de Madiba. Une bonne occasion, peut-être, pour ouvrir ces fameuses archives et tourner la page de cette autre sombre période de notre histoire. A moins que le fait que les trois Helvètes cités plus haut, qui se connaissent bien, ont tous la même origine politique ne poserait problème...

DTT

 

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21/11/2013

La Suisse, un pays?

Je fais partie de ceux qui pensent qu’un pays qui n’a pas une langue commune n’est pas vraiment un pays. Les choses sont loin de s’arranger car le fossé linguistique entre la Suisse alémanique et la Suisse romande se creuse de plus en plus. En lisant une récente chronique du journaliste José Ribeaud, parue dans l’Hebdo du 14 novembre mais passée relativement inaperçue, on y apprend qu’à Lucerne et à Nidwald, on souhaite bannir le français de l’école primaire.

Qu’explique notre confrère? «A Lucerne, une initiative populaire «pour une seule langue étrangère à l’école primaire» vient d’être lancée par tous les partis, à l’exception des Verts, et avec le soutien de l’association des enseignants et des milieux patronaux. Aucun doute, c’est le français qui est dans leur collimateur. A Nidwald, un postulat exigeant la suppression des cours de français en primaire a été accepté à l’unanimité des 50 députés. Le gouvernement cantonal a d’ores et déjà indiqué son soutien. Dans sa prise de position, il se donne bonne conscience en précisant que les associations d’enseignants des cantons de Schwyz, Saint-Gall, Glaris, Appenzell Rhodes-Intérieures, Zurich et Thurgovie demandent «de bannir totalement le français du degré primaire». Dans le canton trilingue des Grisons, les milieux patronaux recueillent des signatures pour modifier la loi sur les langues afin que seul l’anglais – et dans la partie italienne l’allemand – soit encore enseigné en primaire. Ces mêmes milieux, assistés par la droite nationaliste blochérienne, s’en prennent également au français à l’école secondaire.»

Lorsque l’on sait que le langage est le principal et premier facteur de communication, on ne voit pas trop comment la Suisse, dans ces conditions, va pouvoir rester un vrai pays si ses citoyens ne peuvent parler entre eux dans une langue nationale. Plus ironique, selon notre confrère, cet abandon du français serait un souhait du gourou de l’UDC, un parti qui prône sans cesse le patriotisme.

DTT

 

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16/11/2013

Le Conseil fédéral n’aime pas ses musiciens

Ce Conseil fédéral est pathétique. Nos sept «sages» ont en effet estimé que la motion du conseiller national PDC Luc Barthassat, qui vise à instaurer un quota de 25% de musique produite en Suisse dans les radios et télévisions, n’était pas une option valable. Que vise pourtant cette motion? Rien d’autre que de permettre à des artistes du pays de vivre. Car des musiciens en Suisse, il y en a plein, des mauvais mais aussi des bons et des très bons.

Le problème est que ces gens ne peuvent pas se faire entendre puisque, spécifiquement, les radios FM locales, ne diffusent jamais leurs œuvres. De fait, les seuls Suisses «romands» qui arrivent à vivre de leur art s’appellent Alain Morisod, Henri Dès ou encore Stefan Eicher.

Mais l’attitude du CF, qui compte d’ailleurs en la personne d’Alain Berset un pianiste correct, est tout simplement incompréhensible. L’instauration de quotas non seulement ne coûte rien mais peut assurément rapporter. A tous les niveaux. On le voit dans tous les pays qui soutiennent, par ce biais, leurs artistes.

Cela dit, nos ministres n’ont pas grand-chose à dire encore. Ils auraient d’ailleurs bien fait de se taire puisque la motion doit encore être discutée par les élus des Chambres fédérales. Espérons qu’eux, au moins, auront l’oreille musicale.

DTT

 

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