04/01/2014

Le monde à l'envers

Ainsi donc, un gardien de la prison de Champ-Dollon a été condamné à des jours-amende, nous apprend la Tribune de Genève du samedi 4 janvier. Son crime? Il aurait frappé et cassé le nez d’un détenu considéré comme difficile. Le gardien est expérimenté. Le prisonnier est un dur à cuire. C’est le monde à l’envers.

Il faut voir les choses en face. La plus grande prison de Suisse est remplie de délinquants venus d’ailleurs n’ayant, pour la grande majorité d’entre eux, pas d’adresse à Genève. Dans la plupart des pays d’origine de ces malfaisants, le salaire moyen oscille entre 50 et 500 francs mensuels. Ces sommes sont souvent inférieures à ce qu’un détenu peut toucher en travaillant dans une prison telle que Champ-Dollon. Et on ne parle évidemment pas de ce qu’il «gagne» en commettant ses crimes.

Plus «sympathique», notre code pénal permet à ces vendeurs de drogues, voleurs et autres cambrioleurs interpellés d’être défendus par un bon avocat aux frais de la princesse, en l’occurrence le contribuable local. Dans ces conditions, la Suisse est devenue un aspirateur à délinquants, un eldorado pour la petite criminalité. Pour des gens qui n’ont rien à perdre et tout à gagner.

En discutant avec des agents qui ramènent, cela arrive, des criminels expulsés dans leur pays, ces derniers leur confessent être étonnés de ne pas être frappés par les policiers lorsqu’ils se font attraper en Suisse. Une pratique courante dans les pays d’origine de ces malfaisants. Ici, c’est presque le contraire.

Il ne s’agit pas pour moi de tomber dans l’extrémisme udécéien, loin de là, mais peut-être faut-il arrêter l’angélisme vis-à-vis de cette population indésirable. Ces étrangers-là, une écrasante minorité, fort heureusement, ne méritent vraiment pas tant d’égards.

DTT

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09/12/2013

Apartheid et business

Lors de l’apartheid, l’Afrique du Sud était sous embargo. Un embargo que des sociétés helvètes ont allègrement contourné pour faire du business. Pas joli joli, chacun en conviendra. Quelles sont ces entreprises? On ne le sait pas exactement car, comme le relevait le journal la Liberté, «Berne refuse toujours de lever le secret d’Etat concernant les relations avec l’Afrique du Sud au temps de la ségrégation. Elle craint les plaintes contre des entreprises suisses». Eveline Widmer-Schlumpf est en charge de cet embarrassant dossier.

Peu après la mort de Nelson Mandela, l’ineffable Blocher a estimé que le leader de la lutte anti-apartheid est loué de manière exagérée. Une réaction peu étonnante lorsque l’on se rappelle que, durant les années 80, le conseiller national soutenait le régime ségrégationniste. A cette époque, l’entrepreneur Blocher avait fondé et présidé le Groupe de travail d'Afrique du Sud (Arbeitsgruppe Südliches Afrika). Cet organe soutenait ouvertement le régime raciste sud-africain pourtant condamné par l'ONU.

C’est le président de la Confédération en exercice, Ueli Maurer, qui va se rendre aux obsèques de Madiba. Une bonne occasion, peut-être, pour ouvrir ces fameuses archives et tourner la page de cette autre sombre période de notre histoire. A moins que le fait que les trois Helvètes cités plus haut, qui se connaissent bien, ont tous la même origine politique ne poserait problème...

DTT

 

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21/11/2013

La Suisse, un pays?

Je fais partie de ceux qui pensent qu’un pays qui n’a pas une langue commune n’est pas vraiment un pays. Les choses sont loin de s’arranger car le fossé linguistique entre la Suisse alémanique et la Suisse romande se creuse de plus en plus. En lisant une récente chronique du journaliste José Ribeaud, parue dans l’Hebdo du 14 novembre mais passée relativement inaperçue, on y apprend qu’à Lucerne et à Nidwald, on souhaite bannir le français de l’école primaire.

Qu’explique notre confrère? «A Lucerne, une initiative populaire «pour une seule langue étrangère à l’école primaire» vient d’être lancée par tous les partis, à l’exception des Verts, et avec le soutien de l’association des enseignants et des milieux patronaux. Aucun doute, c’est le français qui est dans leur collimateur. A Nidwald, un postulat exigeant la suppression des cours de français en primaire a été accepté à l’unanimité des 50 députés. Le gouvernement cantonal a d’ores et déjà indiqué son soutien. Dans sa prise de position, il se donne bonne conscience en précisant que les associations d’enseignants des cantons de Schwyz, Saint-Gall, Glaris, Appenzell Rhodes-Intérieures, Zurich et Thurgovie demandent «de bannir totalement le français du degré primaire». Dans le canton trilingue des Grisons, les milieux patronaux recueillent des signatures pour modifier la loi sur les langues afin que seul l’anglais – et dans la partie italienne l’allemand – soit encore enseigné en primaire. Ces mêmes milieux, assistés par la droite nationaliste blochérienne, s’en prennent également au français à l’école secondaire.»

Lorsque l’on sait que le langage est le principal et premier facteur de communication, on ne voit pas trop comment la Suisse, dans ces conditions, va pouvoir rester un vrai pays si ses citoyens ne peuvent parler entre eux dans une langue nationale. Plus ironique, selon notre confrère, cet abandon du français serait un souhait du gourou de l’UDC, un parti qui prône sans cesse le patriotisme.

DTT

 

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