Entre trois yeux - Page 2

  • L’EXEMPLARITE A GEOMETRIE VARIABLE

    Depuis à son voyage à Abu Dhabi en 2015, Pierre Maudet ment. Questionné à ce sujet celui qui, depuis ses débuts en politique ne cesse de prôner l’exemplarité et de donner des leçons aux autres élus et à ses subordonnés, a menti comme un arracheur de dents à tout le monde: à ses collègues du Conseil d’Etat, aux élus du Grand Conseil, aux médias et à la population. Cette attitude de dénégation ne s’est pas arrêtée là. On sait aujourd’hui qu’avec ses proches, il avait mis une stratégie en place avec un jeu de rôles en prévision des auditions au Ministère public. Il a également félicité ces mêmes amis d’avoir détruit les courriels en rapport avec ce voyage. Pierre Maudet, faut-il le rappeler, est initialement président du Conseil d’Etat, responsable de la justice et de la police.

    Ceux que l’on nomme les pro-Maudet disent que tout cela relève d’une cabale médiatique, de règlements de comptes personnels, de jalousies et que, finalement, mentir à ce point, monter de tels stratagèmes et trahir son serment en ayant de telles responsabilités relèverait quasiment de l’anecdote.

    En revanche, ceux que l’on nomme les anti-Maudet estiment que, compte tenu de ces éléments connus et avérés, l’ex-irréprochable magistrat doit démissionner car ces faits sont gravissimes, indignes et incompatibles avec la fonction qu’il occupe encore.

    L’assemblée générale du PLR du 15 janvier ne changera absolument rien à cette situation. Le mal est fait, Pierre Maudet a réussi à diviser les Genevois (et son propre parti) comme jamais, provoqué une crise institutionnelle inédite à ce jour et perdu toute crédibilité politique. Pour dire les choses de manière triviale, on dira qu’il a foutu un sacré bordel.

    La Constitution étant ce qu’elle est, il n’y a que lui qui peut mettre fin à ce bazar. Pour cela, il lui faut faire preuve d’un vrai courage et appliquer ce qu’il préconise avec tant d’assiduité depuis une vingtaine d’années: l’exemplarité. Donc un départ.

    DTT

  • PIERRE MAUDET, HOMME DE PRESSIONS

    Depuis que l’affaire Maudet a éclaté suite à son curieux et secret voyage émirati, les médias enquêtent. Normal et logique. L’irréprochable aurait-il des choses à cacher? Visiblement oui puisque ce travail d’investigation a permis au grand public de découvrir une face nettement moins reluisante de l’ex-surdoué de la politique, de ses méthodes particulières de gouvernance et même de soupçons de corruptibilité.

    Mais ce travail de recherche journalistique n’est pas de tout repos. De nombreux journalistes et rédactions ayant investigué sur le sujet ont été (et le sont toujours) victimes de pressions. Ces dernières peuvent venir de Pierre Maudet himself, de ses proches collaborateurs ou de ses obséquieux fans et s’effectuent via des coups de fil menaçants, des courriels au ton professoral, des insultes et autres injures postés sur les réseaux sociaux.

    Eh oui, on ne s’attaque pas ainsi à Pierre Maudet, homme de pouvoir au réseau puissant et tentaculaire. Je suis d’ailleurs assez bien placé pour le savoir*, tout comme l’une de mes consœurs de la radio suisse romande. Cette dernière semble suspendue d’enquête par une hiérarchie visiblement endoctrinée par le ministre et sa clique**.

    Attention, il ne s’agit pas ici de victimiser mes consœurs et confrères enquêtrices et enquêteurs. Ces pressions font partie des règles du jeu. Mais dans ce cas, c’est toutefois l’ampleur, la violence et le nombre de ces attaques contre les journalistes qui pose problème. Combien de fois avons-nous entendu la médisante expression «tribunal médiatique» alors que l’on ne fait que notre travail.

    Rappelons qu’un élu, quel qu’il soit, doit rendre des comptes à la population. Dans un pays démocratique, les médias sont une sorte d’intermédiaire, voire un garde-fou, entre les gouvernants et, si j’ose dire, les gouvernés. Dans un passé récent, d’autres ministres ont été attaqués ou critiqués tout en acceptant même à contrecœur, justement, ces règles. Pas épargnée par le signataire de ce papier, Isabel Rochat, avait reconnu l’utilité de notre travail. Une grande dame.

    Avec Pierre Maudet, on en est loin. L’homme est tellement assoiffé de pouvoir qu’il semble pratiquement prêt à tout pour le conserver. Malgré ses mensonges avérés, ses combines, ses arrangements entre amis, l'opaque financement de campagne, une mise en prévention, la perte de la majorité de ses prérogatives, il s’accroche et directement ou indirectement attaque sans relâche celles et ceux qui osent le critiquer.

    Pathétique et pas franchement glorieux.

    C’est quand la démission?

    DTT

     

    • * http://didiertischler.blog.tdg.ch/archive/2013/10/14/pourquoi-je-ne-travaille-plus-au-matin-248484.html
    • ** https://lecourrier.ch/2018/11/11/enquetrice-sur-la-touche/
  • SUCCÈS POUR LES JOURNALISTES

    Soucieuse de la défense des intérêts des membres d’impressum et plus globalement des journalistes et rédacteurs, l’Association genevoise des journalistes est fière de pouvoir annoncer une première petite victoire. En effet, ayant appris l’an dernier qu’une société de communication mandatée par de nombreuses entités publiques et semi-publiques et ayant pignon sur rue à Genève, sous-payait ses collaborateurs, l’AGJ avait contacté toutes ces entités pour leur faire état de sa préoccupation.

    Il s’avère en effet que la société concernée est parvenue à monter un système qui lui permet de rémunérer des collaborateurs (vivant en Suisse ou non) très en deçà des tarifs préconisés dans la convention collective de la branche. Des courriers et courriels ont ainsi été adressés aux communes de Carouge, Lancy, Vernier, Meyrin, Cologny, Lancy et Confignon, mais également auprès de l’Etat de Genève, Swisscom ou encore la RTS, afin de les informer des pratiques salariales de leur sous-traitant.

    Suite à différents échanges, la commune de Vernier, soucieuse de lutter contre le dumping salarial, a pris «les dispositions nécessaires en dénonçant ses rapports avec cette société».  Dans un courrier qu’elle a adressé à l’AGJ, la commune rappelle également son «attachement aux valeurs d’éthique et de respect et restera extrêmement attentive à travailler avec des entreprises respectant en tous points la Convention collective de travail».

    Il reste à espérer que la décision des autorités de Vernier – que l’AGJ remercie chaleureusement au passage – fasse boule de neige auprès des autres entités concernées.

    DTT