10/11/2015

L’aberrante organisation du chômage

Lorsque vous vous retrouvez au chômage, vous vous retrouvez en mains d’un conseiller en personnel. Mais que vous soyez journaliste, boulanger, maçon, mathématicien ou autre, c’est un seul et unique conseiller - celui qui vous aura été désigné - qui s’occupe de votre cas. Car chaque conseiller doit être polyvalent, malgré le fait évident que chaque profession possède ses propres caractéristiques.

Cette absurdité a pour conséquence que le pauvre conseiller ne conseille pas grand-chose puisque qu’il n’a pas de réseau spécifique, ni de connaissances particulières pour chaque profession. Le bon à tout devient bon à rien, disait l’autre.

Cette organisation originale a une autre conséquence aberrante puisque ce conseiller est censé, chaque jour, faire le tour des postes de travail ouverts au sein de l’Office cantonal de l’emploi pour les communiquer à «ses» clients. Mais vu la multiplication des profils différents de ses chômeurs, il consacre dix fois plus de temps (lorsqu’il en a) à cette tâche.

Il fut une période, pourtant pas si lointaine, où chaque conseiller avait ses spécialités et ne travaillait que dans un domaine, s’occupant de branches professionnelles précises. On ne peut que se demander ce qui est passé par la tête du technocrate de l’époque qui a modifié un système logique et qui a fait ses preuves.

DTT

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Commentaires

L'incompétence des conseillers et du à l'irresponsabilité des politiques par rapport à ce sujet. Finalement l'office cantonal de l'emploi ne sert à rien et d'autant plus il fabrique des cas sociaux.

Écrit par : Cheikh Echioukh | 10/11/2015

Cher Monsieur,

Vous avez plus que raison... Pour avoir été informé par quelqu'un de très proche, j'ajouterais que c'est quasi une organisation mafieuse étatique.

Exemple:
Un tel est licencié. De formation x, il travaillait dans le domaine y à 70%. Le service de placement oblige cette personne à faire un stage de 6 mois dans le même domaine y à 100% pour une "paie de chômeur" c'est-à-dire inférieure à son salaire d'avant... Vous avez dit stage? Pour un homme ou une femme qui a fait ses preuves? A qui profite cette économie?

Je pense qu'il y a beaucoup de coups de pied au cul qui se perdent au sein de l'état. Et surtout à sa tête.

Heureusement que suis à la retraite! Mais cela ne m'empêche pas d'éprouver de la compassion envers votre souffrance.

Courage! Cordialement, Hank Vogel.

Écrit par : Hank Vogel | 10/11/2015

Oui, on se demande bien qui a modifié cela. Une petite enquête s'impose. De nos jours, sous couvert de facilité, tout devient plus compliqué me disait dernièrement une personne âgée, larguée par une société qui ment à tour de bras.

Dernièrement, je reçus le témoignage d'une jeune femme au chômage, désirant faire une formation Croix-Rouge d'aide à domicile. Elle est faite pour cela, attentionnée, délicate, humaine, travailleuse. Alors que l'on manque cruellement d'aides à domicile possédant un diplôme, une formation, cette requête lui fut refusée par les services du chômage Vd parce que son dernier travail était vendeuse dans un tea-room à mi-temps. Emploi temporaire qu'elle avait pris au pied levé dans son quartier entretemps, pour justement alléger le coût des charges du chômage.

Aujourd'hui ce tea-room a fermé ses portes, en faillite, ne l'a pas licenciée avant et elle se retrouve en plus avec quelques mois de pénalité en attendant que la faillite soit réglée...

Pendant tout ce temps là, elle aurait pu commencer sa formation et aurait pu déjà faire des stages rétribués dans différents organismes comme les EMS, CMS, etc...

Ou est le bon sens dans tout ceci ? Refuser une formation à une personne adéquate à cette formation, alors que ce métier est très demandé, parce qu'un technocrate rigide derrière son bureau a décidé que... relève d'une bêtise crasse et augmente de plus très sensiblement les coûts du chômage pour le contribuable. Ce genre de refus génère également des coûts de santé importants pour toutes les personnes qui sont en manque d'aides à domicile.

Il y a longtemps que je me demande si quelqu'un réfléchit encore dans ce pays au coût des mauvaises décisions, qu'elles se situent là ou ailleurs, à n'importe quel niveau de la pyramide en se délestant totalement de ses responsabilités sur le contribuable.

Votre post confirme que ce n'est pas en voie d'amélioration.

Écrit par : Le Tigre | 10/11/2015

Un autre exemple.
Mon fils, informaticien, de langue française, et qui parle aussi couramment le suédois et l'anglais, s'est vu imposer un stage de ... français par son conseiller, alors qu'il souhaitait avoir un stage d'allemand.
On croit rêver ! L'Office Cantonal de l'Emploi serait il devenu fou ? C'est me monde de Kafka où l'on passe son temps errer d'un bureau à l'autre sans trouver de réponse.

Écrit par : Lambert | 11/11/2015

Tiens donc! on nous aurait caché ça? que l'OCE recrute & emploie d'abord et surtout - non de nouveaux résidents genevois & autres copains de potes,


mais n'ajoute au payroll cantonal &/ou admin de VilledeGenève,
que des séries de fonctionnaires formés ou expérimentés,
bilingues ou suisses, compétents ou travailleurs,
bien sûr.!?!!!

Écrit par : suisse & genevois déshérité | 11/11/2015

Dan les années 1993-2000, crise de chômage, je fus responsable d'un centre de contact pour les chômeurs. En complément de l'ORP de Prilly VD.

Les conseillers de l'ORP étaient infiniment plus actifs et compétents, "humains", également, que ceux des témoignages présents.

Mais en une autre commune (non Lausanne) rien de tel.
Exactement les problèmes ci-dessus mentionnés.

Une jeune femme au chômage, coiffeuse de son métier, demanda qu'on lui accorde un cours concernant les chignons car en quelques temps d'autres façons de les coiffer, de les "monter"! avaient été mises au point. Refus de la conseillère.

Un peu plus tard seconde requête: un cours de perfectionnement pour les teintures. Nouveau refus de la conseillère.
Puis, refus, toujours, cours d'informatique.

Je notai qu'une personne chômage n'ayant retrouvé aucun emploi finit par se retrouver au CHUV, je ne sais pas exactement quel était son titre, mais arrivant au chevet de mon mari qui était mourant et ne s'alimentant plus on se rencontre (en face d'elle la responsable du centre de contact, sorte de revanche, sans doute, pour elle) cette dame me dit: "Venez vite votre mari dort la bouche grand ouverte je vais vous donner une seringue pleine de nourriture...
Heureusement on rencontre une infirmière. Je lui raconte ce que nous allons faire. Hauts cris: "il ne faut jamais faire une chose pareille,
Avec explications à l'appui.

Un autre chômeur obtint maints stages imaginant que s'il faisait ses preuves on lui accorderait ensuite un emploi. Ce qui n'advint jamais. Au dernier stage, au dernier jour, à nouveau sans travail, ce chômeur partit se baigner.

Depuis quelques jours nous entendions parler d'un corps de noyé retrouvé sans papiers.

Hélas! il s'agissait de ce chômeur.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 12/11/2015

Si quelqu'un a une bonne formation pour accomplir un bon travail et qu'il peut le faire dans de bonnes conditions, pourquoi irait-il s'embrigader dans le clan des "formateurs" de tout poil mis en place par les politiques. Pour avoir des "apprenants" devant qui se faire valoir (ou se donner l'impression d'être utile) peut-être, comme dans d'autres emplois mis en place par le DIP ?

Écrit par : Mère-Grand | 16/11/2015

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