27/02/2015

Pierre Maudet, tout et son contraire

Jeudi 19 février dernier, le magistrat en charge de la sécurité et de l’économie s’est déplacé à l’Hôtel de Police pour répondre aux questions de son personnel au sujet de la LPol. Dans le dernier bulletin d’information de la police, le BIP No 74, il est largement fait mention de ce raout baptisé "Et si on en parlait avec… ?"

A lire ce BIP, plus de 80 personnes ont assisté à cette séance. D’autres sources parlent de 52 personnes, policiers et administratifs compris. Mais ceci est un détail. Ce qui est en revanche plus frappant est le double discours de Pierre Maudet. En voici quelques exemples.

En effet, à l’affirmation selon laquelle il n’y aurait pas les effectifs suffisants pour mettre en œuvre cette Loi, le magistrat assure devant «son» personnel que c’est faux. «Depuis plusieurs années, les effectifs de la police sont en augmentation, les écoles de police font le plein, les crédits d'engagement sont votés», affirme-t-il. La réalité est que l’on est très loin du compte, car malgré une prétendue augmentation, l’effectif actuel est d’environ 1300 policiers brevetés (gendarmes, PSI et PJ). Sur son site internet (pierremaudet.ch), le magistrat reconnait d’ailleurs que «le seul moyen de remplir les objectifs fixé par la LPol en termes d’effectifs: 600 policiers de plus d’ici l’entrée en vigueur de la Loi, soit 1’975 agents au total». Il faudrait nous expliquer comment il compte faire pour engager tant de monde si la LPol était acceptée.

Sur la question épineuse des Agents de sécurité publique (ASP), le magistrat n’admet pas que l’on dise que ce sont des policiers au rabais. «La nouvelle loi reconnaît le statut des ASP qui, je le dis clairement, ne sont pas des policiers puisque n'étant pas titulaires d'un brevet de police, tempête-t-il. Dès lors, ils ne sont et ne seront pas engagés pour des missions de police au sens pur». Bizarre car dans le GHI du 18 février, dans un sujet consacré à la police de proximité, l’un de ses secrétaires adjoints explique que «les effectifs de la police cantonale de proximité se montent actuellement à 151 agents, dont 28 assistants de sécurité publique (ASP). Pour fonctionner de manière idéale, il faudrait les augmenter d’environ 150 agents». Clairement, les ASP, qui sont de simples fonctionnaires (donc pouvant être étrangers et/ou frontaliers), ne se contentent pas de surveiller les ambassades.

Enfin, face à la possibilité, inscrite dans la nouvelle loi, de voir des tâches de police dédiées à des privés, Pierre Maudet affirme, là aussi, que c’est faux. «Aucune mission régalienne ne sera confiée au secteur privé», ajoutant que «la sous-traitance sera limitée à des circonstances exceptionnelles et dans le temps». Sans préciser, bien sûr, la nature de ces circonstances exceptionnelles ni la durée de ces missions. Et le magistrat a sans doute involontairement oublié de rappeler que des sociétés de sécurités privées effectuent DÉJÀ des tâches régaliennes, notamment dans certaines prisons et pour le convoyage de détenus…

DTT

 

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25/02/2015

Polices cantonale et municipale, bonjour les doublons

Le 8 mars prochain, nous sommes appelés à nous prononcer sur une réorganisation de la police cantonale. Dans cette réorganisation est prévue la disparition de la gendarmerie en tant que telle puisque celle-ci sera divisée en trois: police-secours, police routière et police de proximité. Mais cette dernière existe déjà, elle est municipale.

Les agents de celle-ci, les APM, sont d’ailleurs dotés depuis plus d’an an de nouvelles prérogatives leur permettant théoriquement d’appliquer le code pénal pour de nombreuses infractions. En Ville de Genève, ils sont bientôt 200 et arpentent chaque fin de semaine les rues la nuit. Une loi est d’ailleurs à l’étude au Grand Conseil qui leur accorderait le brevet fédéral de policier. Ce qu’ils n’ont pas aujourd’hui, contrairement à tous leurs confrères du pays. Ce qui est déjà assez particulier.

Autre originalité de nos APM de la Ville de Genève, ils possèdent leur propre centrale d’alarme qui fait automatiquement doublon avec le fameux 117. Une bizarrerie puisque leurs collègues des autres communes, eux, travaillent en lien direct avec la police cantonale.

Résultat des courses, les APM de la Ville, qui patrouillent notamment à pied la nuit dans les quartiers et sont donc de fait sur le terrain, ne sont pas forcément contactés par les urgentistes du 117 alors qu’ils sont souvent déjà sur place! Cherchez l’erreur.

Ne serait-il pas logique, non seulement d’accorder aux APM le brevet de policier, mais également de fondre la police municipale au sein de sa grande sœur cantonale? Si l’on parle d’efficience, le mot est à la mode, on devrait sans doute commencer par fusionner ces corps.

DTT

 

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18/02/2015

La police genevoise s'internationalise

Alors, comme ça, il n’y aura pas d’étrangers ni de frontaliers au sein de la police cantonale? C’est, tout du moins, ce qu’affirment les partisans du oui à la LPol. Le problème est qu'il y en a déjà. En effet, à la lecture du GHI du mardi 18 février, on apprend que Pierre Maudet veut «créer une unité entièrement dédiée à la mission de police de proximité au sein de la police cantonale». Mais avec qui?

C’est plus loin dans le même article que l’un des secrétaires adjoints de son département précise que cette création passera par une augmentation des effectifs. «Les effectifs de la police cantonale de proximité se montent actuellement à 151 agents DONT 28 ASSISTANTS DE SECURITE PUBLIQUE (ASP), dit-il. Pour fonctionner de manière idéale, il faudrait les augmenter d’environ 150 agents».

Pour mémoire, les ASP de catégorie 3 ou 4 sont armés, n’ont pas de brevet fédéral, sont sous payés et ne sont pas forcément Suisses. Ils font toutefois visiblement partie de la police cantonale, déjà aujourd’hui, et effectuent donc des missions de police.

Ainsi, il n’y aura donc pas d’étrangers ou de frontaliers dans la police cantonale?

DTT

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