12/11/2014

Une bien curieuse offre d’emploi

 

Eté 2014, suite à une annonce sur le site internet de l’Etat de Genève, je postule à la police cantonale pour une place de travail au service de presse pour le 1er novembre. Selon le souhait du magistrat, ce service aurait besoin d’une personne extérieure pour collaborer avec les policiers en place. Les caractéristiques du job correspondent à 100% à mes compétences et, surtout, ce travail m’intéresse au plus haut point.

 

Je suis convoqué pour un entretien le 2 octobre. Celui-ci se passe très bien. J’apprends qu’une trentaine de personnes ont postulé et que six dossiers ont été retenus. Parmi les candidatures sélectionnées, je suis le seul journaliste de métier. Je me dis alors que j’ai toutes mes chances vu que, a priori, ma formation répond aux besoins.

 

Le 9 octobre, patatras. Un courrier des RH de la police m’informe que malgré les nombreux aspects positifs et la qualité de mon dossier, ma candidature n’a pas été retenue et que le choix s’est porté sur un autre candidat.

 

Début novembre, surprise. J’apprends que la personne choisie s’est finalement désistée. Je pense alors que le poste est toujours à repourvoir et que, peut-être, je vais avoir une nouvelle chance. Et bien pas du tout. Selon mes sources, utile expression journalistique, le poste va être remis au concours, mais à l’interne!

 

La moralité de cette affaire est que beaucoup de temps, d’énergie et d’argent ont été perdus et dépensés dans le vide. Tout ça pour ça. Tout ça pour rien.

 

DTT

 

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Commentaires

Ah mon bon Monsieur, bienvenue dans les arcanes du pouvoir tel qu'il est pratiqué par l'ex-maire Maudet.

Iniquité, faits du prince, préférences envers les copains...

Vous croyiez qu'un tel poste pouvait être pourvu sur la base des compétences des postulants? Quelle naïveté! Et l'ex-maire Maudet n'en n'est pas à son coup d'essai. Il avait déjà fait de même au SIS de la Ville de Genève.

Écrit par : Déblogueur | 13/11/2014

Peut-être n'aurait-il pas valu postuler au sein d'un Département dont on a critiqué le monarque, une année auparavant; Qui vous a en plus, semble-t-il, coûté votre place au Matin. Comme le dit Déblogueur, vous venez de découvrir la République des coquins aux bras longs et, au pouvoir de nuisance sans limite. Beaucoup de chômeurs suisses ou désormais à l'aide sociale, sont passés par là avant vous, toujours dénigrés par les journalistes, qui ne voulaient également pas prendre conscience des conséquences de la libre circulation. J'avoue que cela me fait doucement sourire sans me réjouir toutefois.

Écrit par : Pascal Legendre | 13/11/2014

Cher confrère,

Le rejet de votre candidature au profit d'une nomination " à l'interne" est probablement un bienfait pour vous sans que vous le sachiez. Le pire vous a probablement été épargné:-)

D'ailleurs, la police genevoise a-t-elle vraiment besoin d'un porte-parole supplémentaire alors que moi-je.moi-je.com fait tout le boulot de son auto-propagande lui-même ?

Seriez-vous vraiment heureux, en cas de conférence de presse consécutive à un crime de sang, de répéter vingt fois, face aux questions insistantes de vos anciens collègues journalistes: " La police ne peut rien dire de plus: le dossier a été transmis au juge d'instruction qui est désormais seul maître du dossier et compétent pour vous répondre" ?

Je comprends votre déception car le job doit être très bien rétribué et qu'il faut bien vivre mais le pire vous a probablement été épargné: les porte-parole, comme vous devez le savoir, existent pour en dire le moins possible et entraver la curiosité des média et non de leur faciliter la tâche.

Vous comprendrez que cet échec aura été une bénédiction quand vous trouverez un un boulot conforme à vos compétentes connues et reconnues d'excellent journaliste, ce que je vous souhaite. J'ai moi-même galéré après mai 68 et comprends votre désarroi parfaitement. Surtout dans une profession actuellement sinistrée. Tous mes voeux confraternels vous accompagnent ! J.-A. W.

Écrit par : jaw | 14/11/2014

Le poste en question va être remis au concours à l'interne ???
Hummmmm... Stauffer peut-ětre !!!!

Écrit par : JMC | 15/11/2014

C'est que la pointe de l'iceberg. L'état dépense effectivement beaucoup d’énergie, et en fait perdre beaucoup aux candidats, pour "faire semblant" que l'attribution des postes est transparente, mise au concours, et sélectionné à la compétence comme le voudrait la loi.

Il y a quelques années j'avais personnellement postulé pour un job de chef de service pour lequel j'avais le parfais profil: La DRH m'a mis en contact par erreur avec le copain qui avait déjà pris le poste en interne, avant même la clôture de l'appel d'offre...

Écrit par : Eastwood | 15/11/2014

Je m'allie à tout ce qui a été dit. Ces mises au concours ou ces appels d'offre ainsi que les entretiens bidons, voire insultants, auxquels on est conviés sont totalement hypocrites. La mauvaise foi qu'on observe dans toute la procédure revêt des allures de népotisme extrême au point de ne voir que des membres de la famille politique et/ou de chair des décideurs. Et ça personne ne le dénonce ni ne le remarque. Le fait du prince est présent dans ces engagements; il dit ce qu'il veut. Du très grand n'importe quoi. Une honte indélébile!

Je salue ici le courage dont vous avez fait preuve par ce témoignage et vous souhaite sincèrement de trouver le job à la hauteur de votre déontologie journalistique.

Écrit par : Pouf | 17/11/2014

Difficile de voir l'utilité d'un porte-parole lorsque la com. est verouillée à un point tel que même les chefs de service n'ont pas le droit de s'exprimer, si ce n'est pour aller "commenter" sur Leman Bleu les accidents de la circulation.
Je ne peux que m'associer aux commentaires de P. Legendre, Jaw et Déblogueur.
Vous avez donné un exemple concret de plus qui illustre pourquoi l'Administration Genevoise est parmi les moins efficaces de Suisse.
Courage et succès dans vos recherches ! Ceci dit la ligne que vous avez choisie et que je soutiens totalement, celle du parler vrai, loin du poltiquement correct, ne simplifie pas les choses : les "puissants" sont souvent rancuniers, expérience faite. Mais oser se regarder dans la glace n'a pas de prix.

Écrit par : A. Piller | 22/11/2014

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