21/11/2013

La Suisse, un pays?

Je fais partie de ceux qui pensent qu’un pays qui n’a pas une langue commune n’est pas vraiment un pays. Les choses sont loin de s’arranger car le fossé linguistique entre la Suisse alémanique et la Suisse romande se creuse de plus en plus. En lisant une récente chronique du journaliste José Ribeaud, parue dans l’Hebdo du 14 novembre mais passée relativement inaperçue, on y apprend qu’à Lucerne et à Nidwald, on souhaite bannir le français de l’école primaire.

Qu’explique notre confrère? «A Lucerne, une initiative populaire «pour une seule langue étrangère à l’école primaire» vient d’être lancée par tous les partis, à l’exception des Verts, et avec le soutien de l’association des enseignants et des milieux patronaux. Aucun doute, c’est le français qui est dans leur collimateur. A Nidwald, un postulat exigeant la suppression des cours de français en primaire a été accepté à l’unanimité des 50 députés. Le gouvernement cantonal a d’ores et déjà indiqué son soutien. Dans sa prise de position, il se donne bonne conscience en précisant que les associations d’enseignants des cantons de Schwyz, Saint-Gall, Glaris, Appenzell Rhodes-Intérieures, Zurich et Thurgovie demandent «de bannir totalement le français du degré primaire». Dans le canton trilingue des Grisons, les milieux patronaux recueillent des signatures pour modifier la loi sur les langues afin que seul l’anglais – et dans la partie italienne l’allemand – soit encore enseigné en primaire. Ces mêmes milieux, assistés par la droite nationaliste blochérienne, s’en prennent également au français à l’école secondaire.»

Lorsque l’on sait que le langage est le principal et premier facteur de communication, on ne voit pas trop comment la Suisse, dans ces conditions, va pouvoir rester un vrai pays si ses citoyens ne peuvent parler entre eux dans une langue nationale. Plus ironique, selon notre confrère, cet abandon du français serait un souhait du gourou de l’UDC, un parti qui prône sans cesse le patriotisme.

DTT

 

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Commentaires

"cet abandon du français serait un souhait du gourou de l’UDC, un parti qui prône sans cesse le patriotisme."
Vous oubliez que pour une grande majorité de Suisses allemands, la Romandie ne fait pas vraiment partie de la Suisse. A écouter la radio suisse romande, ou à voir sa télévision, c'est assez difficile de leur donner tort. Les Suisses romands sont à la botte des Français...par socialisme interposé.

Écrit par : Géo | 21/11/2013

D'accord sur le principe, mais vous connaissez beaucoup de romands qui parlent l'allemand et l'italien ?

:-)

Je pense qu'un jour il faudra faire un choix clair : soit les 3 langues sont enseignées déjà à l'école primaire partout, soit il faut en choisir une. Moi, je préférerais les trois plus l'anglais et l'espagnol en option.

Cela me surprend encore lorsqu'à l'étranger, même en Europe, sachant que je suis suisse, on me demande pourquoi je parle en français.

Il me semblerait plus urgent de faire en sorte que la loi soit la même dans chaque Canton, ça, c'est vraiment surréaliste dans un si petit pays.

Écrit par : Jmemêledetout | 21/11/2013

Le combat de l'UDC devrait aboutir à une germanisation de la Suisse romande à terme! Il suffit d'écouter les fanatiques romands de l'UDC qui n'arrête pas de mettre en avant l'esprit suisse allemand et de baisser la tête devant leur gourou. Lorsque la colonisation aura abouti, il ne sera plus nécessaire d'apprendre le français, même en Suisse romande.

Écrit par : Galileo | 21/11/2013

Vous semblez oublier que les verts romands ont largement ouvert le feu sur la question il y a quelques mois. N'est-ce pas antonio hodgers qui a tenté de lancer une campagne pour que l'on abolisse le schwitzertütsh a l'école en suisse-allemande...?

C'est ainsi peut-être la réponse du berger à la bergère; un nombre croissant de nouveaux suisses-romands ne se sentent plus attachés à la Suisse et bien soit qu'ils retournent à la France... je comprendrais alors assez les udc suisses-allemands qui en ont assez...

La gauche et les verts de Suisse-romande veulent un schisme, il finira peut-être par arriver...


N.B. il est assez curieux de constater que la motivation de hodgers était que pour les enfants immigrés apprendre le suisse-allemand en plus de leur langue d'origine et du bon allemand était une charge trop lourde, et que maintenant on attaque tout azimut l'udc qui prétend la même chose, qu'apprendre le français en plus de l'anglais est pour un enfant en suisse-allemande une charge trop lourde. Ainsi, il faudrait savoir, une chose n'est pas juste lorsqu'elle nous arrange et fausse lorsqu'elle nous dérange !

Écrit par : quidam | 22/11/2013

Et bien au lieu de pleurnicher et denier le status de pays a la Suisse, faite comme moi depuis plus de 15 ans: Parler anglais avec vos collègues et amis suisse allemand, ça fonctionne très bien.

Écrit par : Eastwood | 23/11/2013

Très bien dit !!! La Suisse n'est pas une nation et c'est là son problème d'où découlent tous les autres.

Écrit par : Roxane | 26/11/2013

Il y a un voyant, Mario de Sabato, si je ne m'abuse, qui a prédit qu'un jour la Suisse-française rejoindra la France... qui, d'ici-là, espérons-le, aura trouvé le temps de remettre de l'ordre dans ses affaires...

Écrit par : Myriam Belakovsky | 27/11/2013

Il est essentiel que les Suisses apprennent et parlent la langue de leur voisin direct ! Donc pas question d'abandonner l'allemand et le français ni l'italien.

En ce qui me concerne, je refuse de parler l'anglais avec un Suisse allemand ou un Tessinois. J'ai fait l'effort d'apprendre ces deux langues nationales et je me débrouille suffisamment pour ne pas parler en "Shakespeare".

Écrit par : Michel Sommer | 28/11/2013

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