07/11/2016

Fêtes de Genève: le flou artistique

On le sait, chacun l’aura sans doute constaté, les Fêtes de Genève version 2016, rebaptisées Geneva Lake Festival, auront interpellé un très grand nombre de Genevois. Organisation, financement, gestion, etc., de nombreuses questions sont à ce jour toujours sans réponse. Des députés ont toutefois tenté d’en savoir un peu plus.

Parmi ceux-ci, le PLR Raymond Wicky a ainsi interpellé le Conseil d’Etat avec, notamment, l’importante question suivante: «Quel était le budget 2016 du Geneva Lake Festival, quel est le résultat des comptes et les représentants des collectivités publiques au sein de Genève Tourisme ont-ils accepté ce budget?»

Réponse du Conseil d’Etat: «Le budget du Geneva Lake Festival (GLF) avoisine les 7,5 millions de francs. Il a été approuvé à la majorité des membres du conseil de fondation présents. Le secret du vote doit être respecté conformément à l'article 16 du «Règlement d'organisation de la Fondation Genève Tourisme & Congrès» (FGT&C) stipulant notamment que les membres du conseil de fondation sont tenus de maintenir confidentiels et de ne pas exploiter à d'autres fins que pour leur activité au service de la FGT&C, les informations et les faits dont ils ont eu connaissance dans l'exercice de leur fonction et qui ne sont pas publics».

Cette réponse est édifiante à plus d’un titre. D’abord parce qu’il faut savoir que ce budget «avoisinant» les 7,5 millions de francs est globalement le double de celui de l’édition 2015 alors même que les Fêtes étaient deux fois plus longues! Ensuite parce que, il faut le rappeler, sur les onze membres que compte le Conseil de fondation de la Fondation Genève Tourisme & Congrès, trois proviennent de la fonction publique (Etat, Ville de Genève et communes).

On se retrouve ainsi avec une fondation de droit privé, indirectement financée avec de l’argent public et représentée pour un tiers par des fonctionnaires, qui ne communique pas les détails de sa gestion financière à un élu du peuple, cela avec la bénédiction du Conseil d’Etat.

Genève, un monde en soi.

DTT

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22/09/2016

Le partage, une utopie?

Demander aux gens de travailler plus longtemps au prétexte que l’espérance de vie est plus longue qu’avant, que les caisses fédérales sont vides et que l’on ne peut plus financer les retraites. C’est, en gros, ce que souhaitent nos élus à Berne, en tout cas la majorité d’entre eux, ainsi que nos non-élus ministres, y compris le «socialiste» Alain Berset.

On se demande sur quelle planète vivent tous ces notables?  Ont-ils conscience, tout d’abord, qu’il est très difficile, voire impossible, de retrouver du travail lorsque l’on a plus de 50 ans? Savent-ils qu’à Genève, spécifiquement, plus de 30% de la population est déjà soutenue d’une manière ou d’une autre par les services sociaux?

Ces chers notables n’auraient-ils pas remarqué que, dans de très nombreux domaines professionnels, l’informatique ou la robotique remplacent toujours plus l’humain? Ces mêmes élus semblent en outre ignorer le fait que les sociétés cotées en bourses sont toujours plus riches et que les dividendes pour les actionnaires toujours plus intéressants?

Nos sommités ont-elles eu vent d’un phénomène de sous-enchère salariale particulièrement dans les cantons frontaliers? Enfin, nos sénateurs et députés ont-ils envisagé qu’il serait éventuellement possible de remplir les caisses de l’Etat autrement que par des impôts dont peinent à s’acquitter de très nombreux citoyens?

Ben oui, il existe un truc qui s’appelle communément la Taxe Robin de Bois. Son application est simple: imposer à hauteur de 0,05% toutes les transactions financières mondiales. Cette manœuvre rapporterait au moins 650 milliards de dollars en un an.

A l’échelle Suisse, l’application d’une telle taxe, voire une déclinaison avec par exemple un micro pourcentage perçu sur tous les retraits d’argent aux automates, permettrait non seulement de remplir les caisses de l’Etat, mais aussi de supprimer les impôts.

Utopie? Non. Il faudrait simplement que les nantis et leurs représentants élus acceptent de partager le gâteau.

DTT

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07/09/2016

TOUT VA BIEN

Tout va bien à Genève? Considérée comme l’une des régions parmi les plus riches du monde, on pourrait croire que c’est un véritable paradis sur terre, enfin beaucoup d’étrangers le pensent. Le taux de chômage est certes élevé au niveau de la Suisse, mais il reste faible en comparaison avec d’autres parties du monde. Donc tout bien? Bien sûr que non, la réalité est bien moins reluisante.

Mais oui m’sieurs dames les chantres du libéralisme, de l’économie forte et de la croissance à tout prix, il faut savoir que quelque 30% de la population du Canton (dont des salariés probablement payés modestement) est socialement aidée ou soutenue financièrement par les pouvoirs publics.

Comment obtient-on ce chiffre? Simple, il suffit d’additionner les personnes sans emploi, celles qui sont à l’Hospice général, celles qui bénéficient d’un subside d’assurance maladie et encore celles qui sont aidées par le Service des prestations complémentaires…

Présentée ainsi, la situation n’est pas franchement reluisante. Mais c’est la triste réalité. Car se dire que dans la si riche Genève, un habitant sur trois n’est financièrement pas autonome et ne peut vivre décemment, ça fait quand même un peu tache.

Mais c’est vrai que le sujet n’est pas très sexy, ni vendeur, les médias n’en parlent quasiment jamais. Et puis les pauvres, dans les pays riches, ferment leur gueule.

DTT

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