Entre trois yeux

  • « WELL DONE, OLD CHAP », VRAIMENT ?

    De près ou de loin, qu’on le veuille ou non, on retrouve Pierre Maudet dans la quasi-totalité des affaires qui secouent Genève ces dernières années. Bien sûr, judiciairement parlant, l’ex-prodige de la politique suisse est présumé innocent. Le Ministère public travaille et, espérons-le, fera toute la lumière sur ce qui est pénalement répréhensible et condamnable. Nous espérons surtout que les procureurs chargés de l’enquête rendent leurs conclusions avant la Saint-Glinglin. Surtout, sachant que les enquêteurs ont en mains les outils informatiques du prévenu, on ose croire que les choses avancent rapidement.

    Il n’empêche, depuis que l’affaire de son voyage «privé» aux Emirats est sortie dans les médias, on a quand même l’impression que le quadragénaire est un drôle de personnage assoiffé de pouvoir et dont l’action politique n’est pas franchement avérée par des faits concrets.

    Ceux qui le connaissent ou l’ont côtoyé savent très bien qu’il se mêle de tout dans ce qui le concerne directement ou indirectement. Aucun dossier ne lui échappe. Depuis qu’il est au pouvoir, d’abord à la Ville puis au Canton, il fonctionne ainsi. Il a en outre systématiquement placé des personnes qui lui sont proches à des postes clé, n’hésitant pas à les transformer en fusibles ou en bouc-émissaires lorsque ça sentait le roussi afin de se dédouaner d’une quelconque responsabilité.

    Les meilleurs exemples sont peut-être ceux de Patrick-Baud Lavigne et de Raoul Schrumpf, deux hauts fonctionnaires qui ont pris le large. Le premier, partie prenante au voyage d’Abu Dhabi et mis en prévention pour abus d’autorité ainsi que pour acceptation d’un avantage a quitté l’Etat et son poste de chef de cabinet du ministre dès les premières difficultés. Il a fondé une entreprise de «conseils en stratégie d'entreprise, développement et communication, recherches et études, représenter des actionnaires dans un conseil d'administration et des entreprises de tout type, négociation et gestion de crises (sic); développer des projets commerciaux de tous types, en partenariat avec des entreprises privées, publiques ou semi-publiques, ainsi que des particuliers».

    Le second, directeur du Service de police du commerce, mis en prévention pour abus d’autorité dans l’affaire de l’ouverture de l’Escobar, a été suspendu (et payé) pendant des mois. Déplacé et recyclé au sein de l’Etat, Raoul Schrumpf est désormais «rattaché au directeur général adjoint de l’Office cantonal de la détention. Il a notamment pour mission d'assurer, au sein de la direction générale, le suivi du concept de réinsertion et de désistance, l'analyse des données liées à la planification pénitentiaire et de superviser les répondants applicatifs métiers, qui lui seront désormais rattachés».

    Jamais avare de conseils bien intentionnés, Pierre Maudet s’accroche à son poste telle une moule à son rocher. Malgré un container de casseroles qui vont du fameux voyage aux mensonges répétés, en passant par le financement de son anniversaire, les juteux dons pour ses campagnes et comités de soutien, le financement globuleux de Signé 2000*, la suspension du chef des opérations de la police, la coûteuse fusion avortée des pompiers**, les soupçons de fraude électorale (à chaque fois en sa faveur), l’ouverture facilitée d’un bar, la gestion calamiteuse de l’aéroport dont il était le magistrat de tutelle et une dizaine de personnes prévenues ou interpellées en lien avec certaines de ces affaires, il a encore récemment rompu la collégialité. Mais, on le sait et malgré tout cela, il ne démissionne toujours pas.

    C’est tout simplement du jamais vu dans l’histoire de la République et honteux, pour le PLR qui ne cesse de perdre des plumes, et surtout pour les Genevois(es).

    Finalement, qui osera dire encore que Pierre Maudet ne coûte rien aux contribuables et que le « pauvre » n’est qu’une victime de règlements de comptes, d’aigris ou de jaloux ?

    DTT

    * www.letemps.ch/suisse/un-rapport-folies-fete-millenaire

    ** www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/fusion-pompiers-cointrin-ville-echoue/story/14043494

  • POLITIQUE ET ETHIQUE, UN SUJET TABOU?

    Pour de très nombreux Genevoises et Genevois, les affaires qui touchent Pierre Maudet depuis des mois ont non seulement fait perdre à l’intéressé sa crédibilité mais ont également jeté l’opprobre sur les acteurs du monde politique, en particulier dans son camp. Qu’on le veuille ou non, ces mensonges et ces affaires (voyage aux Emirats, service du commerce, aéroport, financement de campagne, rupture de collégialité et autre soirée d’anniversaire sponsorisée) ont esquinté l’image de la République comme rarement et perturbent le climat interne dans le parti de centre-droit.

    D’éminents membres du PLR, ainsi que certains de leurs cousins du PDC, ont réagi clairement en réclamant la démission de l’intéressé. Cyril Aellen, Christian Lüscher, Hugues Hiltpold, Alexandre de Senarclens et Béatrice Hisrch, notamment, n’ont pas souhaité être associés aux mensonges à répétition de Pierre Maudet et encore moins cautionner ce type de comportement indigne et éthiquement inacceptable de la part d’un conseiller d’Etat.

    Alors que se profilent les élections fédérales, nous avons ainsi interpellé via Messenger jeudi 19 septembre les candidats PLR et PDC avec une simple question: Pierre Maudet doit-il ou non démissionner?  Outre les susnommé(é)s qui se sont donc déjà publiquement exprimés à ce sujet, nous attendions des autres candidats de l’Entente que sont Murat Julian Alder, Sophie Dubuis, Simone de Montmollin, Delphine Bachmann, Claude Bocquet, Sophie Buchs, Hélène Gache, Cyril Huguenin et Vincent Maitre qu’ils et elles se déterminent.

    Nous estimons en effet que face un à problème éthique d’une telle ampleur, ces canditat(e)s politiquement proches de Pierre Maudet doivent se positionner. Il en va de leur crédibilité en vue d’une éventuelle élection. Cela permettra aussi aux Genevois(es) de voter en connaissance de cause.

    Problème, la question semble tabou. Plus de quatre jours après avoir interrogé les candidats, les trois réponses reçues furent pour le moins empruntées. Si l’on excepte Claude Bocquet qui estime qu’«il serait judicieux que Pierre Maudet prenne la décision de se retirer pour le bon fonctionnement de notre gouvernement», les autres sont restés quasiment muets. Christian Lüscher trouve que nous avons tort de poser cette question car, selon lui, nous faisons «vivre dans notre campagne une personne qui n’y existe pas». Sophie Buchs, elle, n’a pas envie de parler de Pierre Maudet, «car plus on parle de lui, plus il est content».

    Les autres? Silence radio.

    DTT

  • TOUT N’EST PAS ROSE AU PLR

    Il y a des gens bien au PLR. J’y ai même quelques potes et d’autres, que je connais moins, pour qui j’ai le plus grand respect. Mais en ce moment, il doit être assez délicat de faire campagne et de défendre les idées de ce parti. En effet, depuis des mois, la plupart des affaires qui éclaboussent la République sont le fait de personnes liées au PLR.

    L’ex-premier d’entre eux, le donneur de leçons Pierre Maudet, est englué dans ses mensonges, sa perte de crédibilité et s’accroche au pouvoir telle une moule sur son rocher alors qu’avec un poil de lucidité il aurait démissionné depuis belle lurette. Surtout s’il appliquait à lui-même ce qu’il préconisait pour les autres. Ceux qui ont suivi l’affaire de la rue du Stand s’en souviennent encore.

    Ces derniers jours, sans vouloir en ajouter une couche car ce fut une immense déception personnelle, on apprenait que Renaud Gautier, ancien président du Grand Conseil et très actif en commission des finances, était condamné pour avoir piqué du fric à ses proches. Incompréhensible.

    Du côté de l’aéroport, c’est un ancien élu de ce même parti, responsable de sécurité, qui s’est retrouvé incarcéré. L’homme est soupçonné de corruption dans le cadre d’attribution de marchés publics.

    Au service des votations, une enquête est en cours pour d’éventuelles fraudes électorales. Rappelons que le chef de ce service est membre du PLR et que l’un des employés suspectés est le fils d’une ancienne conseillère municipale de Bellevue, elle-même en poste dans ce service.

    «Last but not least», voilà peu nous apprenions que les parlementaires à Berne touchaient quelque 6,5 millions de francs par an grâce à des mandats auprès des banques et des assurances. On vous le donne en mille: la moitié des ces sommes perçues l’ont été au bénéfice des élus… PLR.

    DTT