15/11/2018

PIERRE MAUDET, HOMME DE PRESSIONS

Depuis que l’affaire Maudet a éclaté suite à son curieux et secret voyage émirati, les médias enquêtent. Normal et logique. L’irréprochable aurait-il des choses à cacher? Visiblement oui puisque ce travail d’investigation a permis au grand public de découvrir une face nettement moins reluisante de l’ex-surdoué de la politique, de ses méthodes particulières de gouvernance et même de soupçons de corruptibilité.

Mais ce travail de recherche journalistique n’est pas de tout repos. De nombreux journalistes et rédactions ayant investigué sur le sujet ont été (et le sont toujours) victimes de pressions. Ces dernières peuvent venir de Pierre Maudet himself, de ses proches collaborateurs ou de ses obséquieux fans et s’effectuent via des coups de fil menaçants, des courriels au ton professoral, des insultes et autres injures postés sur les réseaux sociaux.

Eh oui, on ne s’attaque pas ainsi à Pierre Maudet, homme de pouvoir au réseau puissant et tentaculaire. Je suis d’ailleurs assez bien placé pour le savoir*, tout comme l’une de mes consœurs de la radio suisse romande. Cette dernière semble suspendue d’enquête par une hiérarchie visiblement endoctrinée par le ministre et sa clique**.

Attention, il ne s’agit pas ici de victimiser mes consœurs et confrères enquêtrices et enquêteurs. Ces pressions font partie des règles du jeu. Mais dans ce cas, c’est toutefois l’ampleur, la violence et le nombre de ces attaques contre les journalistes qui pose problème. Combien de fois avons-nous entendu la médisante expression «tribunal médiatique» alors que l’on ne fait que notre travail.

Rappelons qu’un élu, quel qu’il soit, doit rendre des comptes à la population. Dans un pays démocratique, les médias sont une sorte d’intermédiaire, voire un garde-fou, entre les gouvernants et, si j’ose dire, les gouvernés. Dans un passé récent, d’autres ministres ont été attaqués ou critiqués tout en acceptant même à contrecœur, justement, ces règles. Pas épargnée par le signataire de ce papier, Isabel Rochat, avait reconnu l’utilité de notre travail. Une grande dame.

Avec Pierre Maudet, on en est loin. L’homme est tellement assoiffé de pouvoir qu’il semble pratiquement prêt à tout pour le conserver. Malgré ses mensonges avérés, ses combines, ses arrangements entre amis, l'opaque financement de campagne, une mise en prévention, la perte de la majorité de ses prérogatives, il s’accroche et directement ou indirectement attaque sans relâche celles et ceux qui osent le critiquer.

Pathétique et pas franchement glorieux.

C’est quand la démission?

DTT

 

  • * http://didiertischler.blog.tdg.ch/archive/2013/10/14/pourquoi-je-ne-travaille-plus-au-matin-248484.html
  • ** https://lecourrier.ch/2018/11/11/enquetrice-sur-la-touche/

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12/03/2018

SUCCÈS POUR LES JOURNALISTES

Soucieuse de la défense des intérêts des membres d’impressum et plus globalement des journalistes et rédacteurs, l’Association genevoise des journalistes est fière de pouvoir annoncer une première petite victoire. En effet, ayant appris l’an dernier qu’une société de communication mandatée par de nombreuses entités publiques et semi-publiques et ayant pignon sur rue à Genève, sous-payait ses collaborateurs, l’AGJ avait contacté toutes ces entités pour leur faire état de sa préoccupation.

Il s’avère en effet que la société concernée est parvenue à monter un système qui lui permet de rémunérer des collaborateurs (vivant en Suisse ou non) très en deçà des tarifs préconisés dans la convention collective de la branche. Des courriers et courriels ont ainsi été adressés aux communes de Carouge, Lancy, Vernier, Meyrin, Cologny, Lancy et Confignon, mais également auprès de l’Etat de Genève, Swisscom ou encore la RTS, afin de les informer des pratiques salariales de leur sous-traitant.

Suite à différents échanges, la commune de Vernier, soucieuse de lutter contre le dumping salarial, a pris «les dispositions nécessaires en dénonçant ses rapports avec cette société».  Dans un courrier qu’elle a adressé à l’AGJ, la commune rappelle également son «attachement aux valeurs d’éthique et de respect et restera extrêmement attentive à travailler avec des entreprises respectant en tous points la Convention collective de travail».

Il reste à espérer que la décision des autorités de Vernier – que l’AGJ remercie chaleureusement au passage – fasse boule de neige auprès des autres entités concernées.

DTT

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16/02/2018

L’ASSOURDISSANT SILENCE

La presse va mal. C'est un secret de polichinelle. Des journaux disparaissent. Des rédactions fusionnent. Tout cela laisse inévitablement sur le carreau de très nombreux journalistes, pour ne parler que d'eux, les plongeant pour beaucoup dans la précarité et la paupérisation.

Plein d'élus s'en émeuvent. Que ce soit la disparition de l'Hebdo, le déplacement de la rédaction de la Tribune de Genève à Lausanne, la mort quasi programmée du Matin, les prises de position appelant à refuser l’initiative No Billag, etc., on ne compte plus les politiques s'écriant « ça suffit, il faut faire quelque chose ». Même si, reconnaissons-le, lorsque ces changements interviennent au sein d'entreprises privée, ces élus sont impuissants. Mais au moins, ils soutiennent la profession. C'est ce qu'on se dit. Et c'est ce que l'on croyait.

Car curieusement, lorsque ces mêmes élus peuvent agir ils se murent dans un silence assourdissant et a priori ne font rien. 

Je l’évoquais il y a peu sur mon blog précédent. 

Concrètement, les exécutifs de Carouge, Lancy, Vernier, Meyrin, Cologny, Lancy et Confignon ont été informés par l'Association genevoise des journalistes que leur mandataire de communication commun, la société Commu'Comm (filiale du groupe All The Content), rémunérait au lance-pierre ses collaborateurs, pratiquant des tarifs très nettement en deçà de ceux préconisés par notre organisation professionnelle Impressum.

Mais les conseillers administratifs concernés, en l’occurrence Stéphanie Lammar, Nicolas Walder, Anne Hiltpold, Damien Bonfanti, Frédéric Renevey, Stéphane Lorenzini, Thierry Apothéloz, Yvan Rochat, Pierre Ronget, Nathalie Leuenberger, Jean-Marc Devaud, Pierre-Alain Tschudi, Catherine Pahnke, Bernard Girardet, Cristiana Juge, Sylvie Jay, Dinh Manh Uong et Elisabeth Gabus-Thorens ne réagissent pas.

Certains s'en souviendront au moment des élections.

DTT

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