Entre trois yeux

  • POLITIQUE ET ETHIQUE, UN SUJET TABOU?

    Pour de très nombreux Genevoises et Genevois, les affaires qui touchent Pierre Maudet depuis des mois ont non seulement fait perdre à l’intéressé sa crédibilité mais ont également jeté l’opprobre sur les acteurs du monde politique, en particulier dans son camp. Qu’on le veuille ou non, ces mensonges et ces affaires (voyage aux Emirats, service du commerce, aéroport, financement de campagne, rupture de collégialité et autre soirée d’anniversaire sponsorisée) ont esquinté l’image de la République comme rarement et perturbent le climat interne dans le parti de centre-droit.

    D’éminents membres du PLR, ainsi que certains de leurs cousins du PDC, ont réagi clairement en réclamant la démission de l’intéressé. Cyril Aellen, Christian Lüscher, Hugues Hiltpold, Alexandre de Senarclens et Béatrice Hisrch, notamment, n’ont pas souhaité être associés aux mensonges à répétition de Pierre Maudet et encore moins cautionner ce type de comportement indigne et éthiquement inacceptable de la part d’un conseiller d’Etat.

    Alors que se profilent les élections fédérales, nous avons ainsi interpellé via Messenger jeudi 19 septembre les candidats PLR et PDC avec une simple question: Pierre Maudet doit-il ou non démissionner?  Outre les susnommé(é)s qui se sont donc déjà publiquement exprimés à ce sujet, nous attendions des autres candidats de l’Entente que sont Murat Julian Alder, Sophie Dubuis, Simone de Montmollin, Delphine Bachmann, Claude Bocquet, Sophie Buchs, Hélène Gache, Cyril Huguenin et Vincent Maitre qu’ils et elles se déterminent.

    Nous estimons en effet que face un à problème éthique d’une telle ampleur, ces canditat(e)s politiquement proches de Pierre Maudet doivent se positionner. Il en va de leur crédibilité en vue d’une éventuelle élection. Cela permettra aussi aux Genevois(es) de voter en connaissance de cause.

    Problème, la question semble tabou. Plus de quatre jours après avoir interrogé les candidats, les trois réponses reçues furent pour le moins empruntées. Si l’on excepte Claude Bocquet qui estime qu’«il serait judicieux que Pierre Maudet prenne la décision de se retirer pour le bon fonctionnement de notre gouvernement», les autres sont restés quasiment muets. Christian Lüscher trouve que nous avons tort de poser cette question car, selon lui, nous faisons «vivre dans notre campagne une personne qui n’y existe pas». Sophie Buchs, elle, n’a pas envie de parler de Pierre Maudet, «car plus on parle de lui, plus il est content».

    Les autres? Silence radio.

    DTT

  • TOUT N’EST PAS ROSE AU PLR

    Il y a des gens bien au PLR. J’y ai même quelques potes et d’autres, que je connais moins, pour qui j’ai le plus grand respect. Mais en ce moment, il doit être assez délicat de faire campagne et de défendre les idées de ce parti. En effet, depuis des mois, la plupart des affaires qui éclaboussent la République sont le fait de personnes liées au PLR.

    L’ex-premier d’entre eux, le donneur de leçons Pierre Maudet, est englué dans ses mensonges, sa perte de crédibilité et s’accroche au pouvoir telle une moule sur son rocher alors qu’avec un poil de lucidité il aurait démissionné depuis belle lurette. Surtout s’il appliquait à lui-même ce qu’il préconisait pour les autres. Ceux qui ont suivi l’affaire de la rue du Stand s’en souviennent encore.

    Ces derniers jours, sans vouloir en ajouter une couche car ce fut une immense déception personnelle, on apprenait que Renaud Gautier, ancien président du Grand Conseil et très actif en commission des finances, était condamné pour avoir piqué du fric à ses proches. Incompréhensible.

    Du côté de l’aéroport, c’est un ancien élu de ce même parti, responsable de sécurité, qui s’est retrouvé incarcéré. L’homme est soupçonné de corruption dans le cadre d’attribution de marchés publics.

    Au service des votations, une enquête est en cours pour d’éventuelles fraudes électorales. Rappelons que le chef de ce service est membre du PLR et que l’un des employés suspectés est le fils d’une ancienne conseillère municipale de Bellevue, elle-même en poste dans ce service.

    «Last but not least», voilà peu nous apprenions que les parlementaires à Berne touchaient quelque 6,5 millions de francs par an grâce à des mandats auprès des banques et des assurances. On vous le donne en mille: la moitié des ces sommes perçues l’ont été au bénéfice des élus… PLR.

    DTT

  • RESPONSABLES IRRESPONSABLES

    Face aux attributions tant décriées dont bénéficient diverses sociétés extérieures et dont l’ampleur ne cesse de croitre, les responsables de l’aéroport ont été alertés depuis au moins trois ans. Que ce soit par le biais de certains membres du conseil d’administration, des syndicats ou encore par le parti socialiste, de nombreuses questions ont été posées à Corine Moinat, la présidente du CA et à Pierre Maudet, magistrat de tutelle à l’époque. Affirmer que ces personnes savaient relève de l’euphémisme, mais les réponses apportées aux questions dérangeantes laissent songeur.

    Pour preuve, dans deux courriers datés du 10 mars 2016 pour l’un et du 16 mars pour l’autre, Pierre Maudet affirmait au PS et à un administrateur inquiet que «le processus d’attribution des concessions répond à un processus très rigoureux, calqué sur celui dévolu aux marchés publics et obéissant à des règles européennes qui s’appliquent en Suisse en matière de transport aérien».

    Aujourd’hui, on le voit bien, personne ne peut objectivement dire ou écrire que ces attributions ne sont pas problématiques. Pour le moins. En mai dernier, on apprenait que le chef de la sûreté de l’aéroport et le directeur d’une entreprise de sécurité et de conseil genevoise avaient été interpellés par la police. Ces deux personnes sont prévenues de corruption active, corruption passive et gestion déloyale des intérêts publics. Elles sont actuellement incarcérées à Champ-Dollon. Hier, rebelote, les médias indiquaient que deux autres personnes liées à ces affaires de magouilles avaient été suspendues par la direction de l’aéroport.

    Pendant ce temps, à notre connaissance, ni le magistrat de tutelle, ni la présidente du Conseil d’administration, pas plus que le directeur de l’aéroport, ne semblent inquiétés alors qu’il apparait évident qu’à aucun moment ils n’ont pris leurs responsabilités.

    Ne serait-on pas juste un peu en train de se moquer des Genevoises et des Genevois ?

    DTT

    www.ghi.ch/le-journal/geneve/deux-employes-suspendus-geneve-aeroport